BOUM 1, film couleur sonore, 2’03, 2003 / BOUM 2, film couleur sonore, 2’11, 2004
Boum 1 et 2 sont des vidéos constituées de nombreux et très courts fragments de films de cinéma américains diffusés à la télévision début des années 2000 et enregistrés en VHS. Tous ces éléments montrent diverses figures de l’explosion conçues pour la caméra par les pyrotechniciens des studios. La juxtaposition de ces séquences spectaculaires produit cependant une vision apocalyptique, l’explosion, a priori brève et intense, semblant ici ne jamais vouloir prendre fin. Le son des détonations rebondit en permanence sans le silence qui pourrait lui succéder.
Le montage double cette déclinaison horizontale par la superposition d’un second film de même durée fait de scories, griffures, taches, prélevées sur des dessins d’un fond jaune intense. Le mouvement de ces particules en suspension, qui pourraient évoquer la dégradation d’une pellicule de cinéma, semble répéter de manière graphique la dispersion des débris des explosions. Les déflagrations fictives se combinent ainsi à une autre simulation, née du dessin, pour créer un ensemble homogène où ce qui relève de l’un ou de l’autre film ne se discerne plus avec évidence.
La rencontre entre ces deux surfaces crée un nuage diffus, la projection des poussières, les traces fugitives, renvoyant parfois l’image d’un ciel en mouvement. Le film s’installe ainsi dans l’espace comme s’installerait un grand tableau de paysage, vide de tout sentiment de tragédie, ou peut-être une monumentale scène de bataille, où les tenants et les aboutissants devenus sans objet se trouveraient dissous dans un cataclysme permanent.