Films et installations, travaux choisis
Images perdues-14500 Portraits
40 x Godzilla
Travaux plus anciens
Dans le contexte du Japon d’après-guerre, Godzilla est un symptôme par lequel resurgit une histoire refoulée. Il place des images fantasmatiques précisément sur ce qui est inracontable, c’est-à-dire les quelques secondes qui ont provoqué l’anéantissement de Hiroshima, puis Nagasaki. L’éclair destructeur, trop subit pour qu’on puisse même le saisir, s’étale ici dans la durée au fil des déplacements du monstre ; la catastrophe trouve une incarnation, qui permet à la fiction de reprendre l’événement sans se placer dans l’impossible situation d’une reconstitution. Godzilla détruit ainsi lentement les villes, écrase les immeubles, renverse les ponts, piétine les voies ferrées, dévore les trains… Ce dernier motif est récurrent, en particulier dans les nombreuses affiches des films voulant exprimer au mieux le gigantisme et la férocité du personnage. « 40 X Godzilla » reprend cette situation et la fait tourner en une boucle ininterrompue. Toutes les peintures ont été réalisées dans un vieux carnet dépareillé comportant encore 40 pages, devenant ici un film de 40 images.