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Éléments bibliographiques

(Sélection récente)

Le cinéma sans le film

Paris, Naima, 2025

« Le cinéma sans le film » explore la trace du cinéma dans des œuvres d’art contemporain qui ne sont pas des films. Dans une telle optique, le cinéma se libère du spectacle et rompt avec les configurations techniques attendues. Des opérations qui impliquent le son, le décor, le texte ou la lumière en véhiculent l’imaginaire sans jamais donner lieu à un défilement d’images. Comme l’a suggéré Jean Louis Schefer, le cinéma est « un art du passage dans nos vies », imprimant dans notre mémoire un continuum d’images dispersées. Les souvenirs des films se recomposent là en un montage discontinu surgissant par bribes. Mais ce qu’il provoque en termes d’affects, de situations, de réminiscences constitue une matière ouvrant la voie à l’invention de dispositifs où il peut y avoir du cinéma en un certain sens, mais aucun film. Le cinéma devient alors un mode de pensée, une lecture du monde se déployant dans des espaces qui lui sont en principe étrangers.

Plus d’informations :
Naima (édition)
Les presses du réel (diffusion)

FXMVT. Une histoire de Faux Mouvement.

Dijon, Les presses du réel, 2022

FXMVT est la contraction sans voyelles de « Faux Mouvement », centre d’art créé au début des années 1980 à Metz. L’ouvrage revient sur l’histoire de ce centre depuis les premières années nomades, sans espace permanent d’exposition, jusqu’aux événements les plus récents du lieu actuel, qui s’est ouvert en 1997, dans un ancien studio de télévision laissé alors à l’abandon depuis plusieurs années. Cette histoire fait l’objet ici d’une reconstruction sans chronologie dans laquelle les œuvres et les périodes se mêlent à partir de correspondances formelles, thématiques, plastiques, factuelles, sans nécessaire respect de la continuité des faits. C’est donc une histoire reconstituée, décadrée, qui se présente comme un montage articulant des séquences disparates dans une nouvelle cohérence. La documentation durant toute ces années est énorme, mais elle n’a pas été analysée dans une perspective académique ou à partir d’un projet d’inventaire ; il s’agit plutôt d’une entreprise de prélèvement et de sélection, qui déplace dans la reprise de cette mémoire, des modalités de réflexion proches du cinéma. Sans vouloir récupérer les seuls temps forts, il s’agit de savoir ce qui a pu prendre consistance à travers le temps ; on évitera donc les anecdotes, les mondanités, la nostalgie, pour essayer de revoir ce qui a eu lieu, c’est-à-dire les faits, les œuvres, le travail des artistes, à l’aune de nouveaux commentaires.

Les Presses du réel

Effacer, défaire dérégler.

Pratiques de la défaillance entre peinture, vidéo, cinéma
Préface de Pierre-Damien Huyghe
Paris, L’Harmattan, 2015

Effacer, défaire, dérégler, s’attache à une histoire de l’image en mouvement dont l’horizon ne serait pas le spectacle. On y trouve des gestes qui enlèvent, altèrent, abîment, détruisent, participant à un second temps du regard, qui trouve à s’exercer dans une rencontre avec ce qui existe déjà. Ce texte s’attache donc aux manques : altération des captures d’images, défaillance des appareils, images trouvées, hésitations et ratures, ruines, traces, remontages, exploitation inadaptée des technologies, techniques obsolètes. Derrière ces dysfonctionnements apparents, il n’y aucun aveuglement du spectateur, mais un moyen de faire voir, c’est à dire de relever dans l’art l’événement perceptif avant le discours ou le récit. Il faut alors endurer l’absence de repères techniques ou stylistiques et s’affranchir des bonnes règles. Les pratiques qui s’en déduisent font apparaître un état indécis des œuvres mêmes ; cette indécision est essentielle à la définition de l’expérience esthétique contemporaine.

Editeur

Cinémas de papier

Catalogue,
Saarländisches Künstlerhaus, Saarbrücken, 2020

Le paysage après coup

co-direction avec Soko Phay
Paris, Naima, 2022

Se confronter à un paysage-catastrophe, c’est interroger notre relation à l’histoire et à la mémoire des lieux à l’épreuve des guerres et des massacres : comment un paysage d’après conflit peut-il offrir une visibilité à l’histoire ? Si la nature est elle-même meurtrie par un passé violent, comment témoigner de l’après coup des paysages ? Que reste-t-il de ces traces mémorielles dans notre présent politique ?
Cet ouvrage rassemble des œuvres et des contributions scientifiques issues de colloques, d’expositions et d’ateliers-laboratoires, qui se sont tenus en France et au Cambodge. Artistes et théoriciens partagent ici leurs réflexions sur la représentation du paysage à travers l’esthétique, la littérature, l’histoire, l’anthropologie et la science politique. Leurs « paysages » établissent ainsi une cartographie de la mémoire où ce qui compte tient autant à ce que l’on voit qu’à ce qui se dissimule ou qui a disparu, volontairement effacé ou laminé par le temps. Le livre invite à « écouter » le paysage, à être attentif à ses forces invisibles, à ne pas seulement le considérer comme une image lointaine, mais à pénétrer ses couches mémorielles, à travers lesquelles se dessine un passé qui ne cesse de nous hanter.

Naima
Les presses du réel

Cambodge, Cartographie de la mémoire

co-direction avec Soko Phay et Suppya Hélène Nut
Paris, L’Asiathèque, 2017

Les années khmères rouges ont provoqué dans la société cambodgienne une forme d’amnésie qui efface de grandes strates de l’histoire antérieure. L’immense majorité de la population, dont 40 % est âgée de 15 à 25 ans, a aujourd’hui très difficilement accès à sa propre mémoire. Le mutisme et l’excès oubli ne favorisent pas la paix sociale, mais davantage le danger d’une répétition du passé, tout en ruinant le sentiment de posséder une histoire et un monde communs. Si Angkor reste un mythe national, ce sont les effets du génocide mêlés à ceux d’une mondialisation agressive qui façonnent la société : corruption généralisée, rupture ou manque de solidarité entre les générations, perte de valeurs, course effrénée à l’argent facile et à la satisfaction matérielle au détriment des nécessités de la vie collective.

L’ambition de cet ouvrage est de montrer la complexité d’une histoire ne se réduisant pas à la splendeur d’Angkor et à l’horreur des années khmères rouges. Pour en percevoir les enjeux, sont réunis ici quelques-uns des meilleurs spécialistes, qui interrogent successivement les mythes et les survivances des ruines d’Angkor, les processus mémoriels de l’époque du protectorat à nos jours, ainsi que les enjeux de l’art post-khmer rouge. Cette cartographie de la mémoire permet au lecteur de saisir l’imaginaire d’un pays en pleine mutation sociale, économique et culturelle.

L’Asiathèque

Archives au présent

co-direction avec Soko Phay, Catherine Perret et Anna Seiderer
Saint-Denis, PUV, 2017

Ce recueil rassemble des essais, des analyses et des propositions visuelles qui montrent l’actualité et l’hétéro-généité des débats qui se cristallisent autour des pratiques contemporaines de l’archive. Les pratiques d’archives relèvent aujourd’hui d’une inquiétude face à l’enregistrement historicisant des objets artistiques, et de la volonté des artistes de s’affirmer comme tels face à l’archivage de leurs œuvres par les institutions académiques et muséographiques. Il s’agit pour eux d’anticiper sur l’archivage à venir de leurs travaux et de proposer d’autres manières d’écrire l’histoire non seulement de leurs œuvres, mais plus généralement de l’art. Dans cette perspective, les artistes interposent entre l’enregistrement matériel des choses et l’institution symbolique des œuvres des dispositifs d’inscription qui excluent que l’un vaille pour l’autre, qu’enregistrement vaille institution. Ils restituent à ce qu’ils font le statut d’archives au sens historien du terme : d’archives non encore validées.

Presses universitaires de Vincennes

Archiver les récits d’objets

co-direction avec Soko Phay,
Paris, Naima, (à paraître)

Faire le récit des objets matériels ou immatériels est inséparable de l’histoire de leur usage ; on ne peut y accéder sans évoquer l’existence de ceux qui les ont manipulés. Travailler sur les biographies d’objets, c’est repenser les  valeurs, les logiques patrimoniales et la traduction des cultures et des traditions, en interrogeant les représentations culturelles des objets, et, par là même, le rôle des images et des langues dans les processus de pensée et de création.

Loin d’être inféodée à la valeur spéculative de l’objet, la valeur « d’attachement » acquiert ici une importance nouvelle. Reconnaître la valeur, c’est se déclarer attaché à la chose, se l’approprier en un sens qui n’est pas nécessairement « propriétaire », mais affectif. Quelle est la valeur de ces objets ? Peut-on qualifier d’œuvre d’art, une pièce qui n’est pas reconnue comme telle par le peuple qui l’a créée ? Quelles sont les relations qui s’établissent entre les fonctions sociales, les valeurs sacrées et la perception esthétique ? Comment nommer les choses ou les transposer dans d’autres langues ou d’autres formes de langage ? Cette translatio en mots ou en images ne se transmet pas telle quelle, mais produit une altérité, une métamorphose, témoignant des rapports de force qui ne cessent de s’établir dans les échanges culturels.

Naima

Sélection d’articles et de chapitre d’ouvrages

 

  • « Le temps des appareils » (DVD Rom), trois films, Centre d’études et de recherches en arts plastiques (CERAP) Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne 2007, sous la direction de Pierre-Damien Huyghe.
  • « What is virtual about the the virtual residency ? », in Virtual Residency, dir. Monika Bohr, Claudia Brieske, Leslie Huppert, Gertrud Riethmüller, éd. Hochschule der Bildenden Kunst, Saarbruck, 2008 (Anglais et allemand), p.108-114.
  • « Un théâtre en exposition : une lecture publique des Villes Invisibles d’Italo Calvino»,  revue Oscillations n° 0, Paris, déc. 2011, p. 57-75.
  • « Hollywood pauvre », in Tout le Gentil Garçon, monographie, Bordeaux, Les Requins Marteaux,
  • « Sels d’argent », in Tout le Gentil Garçon, monographie, Bordeaux, Les Requins Marteaux, 2011
  • « Un théâtre en exposition : une lecture publique des Villes Invisibles d’Italo Calvino»,  Oscillations n° 0, Paris, déc. 2011, p. 56-75.
  • « Un cinéma en pièces détachées », in Esthétiques de l’écran, dir. Eric Bonnet, Paris, L’Harmattan, 2013, p. 62-75.
  • « La dissipation du contour », in Les frontières du flou, dir. P. Martin et F. Soulages, Paris, L’Harmattan, 2013, p. 125-144.
  • « Images brûlées, la poésie du reste : une pornographie floue », in Les frontières du flou au cinéma (2014), dir. P. Martin, Paris, L’Harmattan, 2014, p. 31-47.
  • « Voir à Travers, de von Sternberg à Cécile Bart», in Les Frontières des écrans, dir. Sandrine Le Corre et F. Soulages, Paris, L’Harmattan, 2015, p. 89-104.
  • « Un cinéma miniature», in Lieux & mondes, dir. É. Bonnet & F. Soulages, Paris, coll. Local-Global, Paris, L’Harmattan, 2015, p. 251-273.
  • « Van Nath cinéaste » , in Cambodge – Cartographie de la mémoire, dir. Patrick Nardin, Soko Phay, Suppya Nut, Paris, L’Asiathèque, 2017, p. 197-213.
  • « L’archive indigne », in Archives au présent, dir. Patrick Nardin, Catherine Perret, Soko Phay, Anna Seiderer, Presses Universitaires de Vincennes, 2017, p. 46-61.
  • « Godzilla Reloaded » in Architectures de mémoire, dir. Bertrand Gervais, Dijon, Les Presses du réel, 2019, p. 134-149.
  • « 1200 Tableaux à la seconde », in Archives rêvées, dir. Eric Bonnet, PUV, Saint Denis, 2019.
  • « Exposition of Music-Electronic Television, 11-20 March 1963, Galerie Parnass,Wuppertal-Elberfeld», in Mémoires_vives. De Nam June Paik à Sliders’s lab, dir. Jean-Marie Dallet, ed. Lannoo, Fondation « Zeebrastrat », Gand, Belgique, 2019. Ce texte est une analyse développée de la première exposition de Nam June Paik avec la traduction d’une série d’articles de presse relatifs à l’événement publiés alors dans les journaux locaux : Kölner Stadt-Anzeiger, Düsseldorfer Nachrichten etc., p. 28-44 (En anglais).
  • « Matières grasses. Autour des tableaux de Yun Hyong-Keun », in France-Corée, dir. Eric Bonnet, Paris, L’Harmattan, 2019, p. 79-91. Traduit en coréen.
  • « Valeur(s) d’exposition », in La photographie mise en espace, dir. Christine Buignet, revue Focales, Université de Saint-Etienne, 2020.
  • « Etats d’esprits, visions performatives », in L’extériorité à l’épreuve de l’autre, dir. Gilles Picarel, Paris, L’Harmattan, 2021.
  • « De la Bastille à Phnom Penh : une histoire de travellings », in Le paysage après coup, dir. P. Nardin et Soko Phay, Paris, Naima, 2022.
  • « Des Paysages », avec Soko Phay, in Le paysage après coup, dir. P. Nardin et Soko Phay, Paris, Naima, 2022.
  • « Détours archaïques du cinéma », in Images et mondes composites, dir. Damien Beyrouthy, Presses universitaires de Provence, 2023.

 

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