Ciels x 12 (1996-1999)

(quelques éléments de la série) pigments, encaustique, paraffine, métal, 197 x 204 cm.

Les Ciels X12 sont une série de tableaux de ciels divisée en 12 parties de 50 x 65 cm chacune. ll s’agit d’une peinture informelle ou plutôt une peinture de formations instables où se meuvent des masses lourdes et légères, des corps résistants. La ligne se dissout dans des matières aspirant à des idées de nuages, toujours changeants mais sans relation avec de quelconques notions météorologiques. Le ciel est ce qui résiste à la géométrie ; citant l’œuvre du Corrège, Hubert Damisch évoque l’aversion du peintre pour toute « délimitation précise » et sa volonté de « défaire les mesures du cube perspectif ». Le nuage est une matière indécise, une forme molle, où les contours débordent, se brouillent, inscrivant une subversion des structures imposées.

La peinture est réalisée sur papier, à l’encaustique, les feuilles étant ensuite placées dans un cadre métallique où elles sont recouvertes d’une fine couche de paraffine chaude, créant une fusion des éléments et absorbant dans le film gras la picturalité du geste. La surface peinte, visible uniquement à travers un filtre, devient inaccessible.

La peinture apparaît ici antithétique au dessin, lui résiste d’une certaine façon en refoulant la question du tracé ; celui-ci resurgit dans la géométrie que composent les éléments assemblés. On voit ainsi le paysage doublement à travers : au-delà de la grille, dans le flou amené par les bains de cire. Le ciel est sans limites et, de ce point de vue, à partir des éléments fragmentés constituant le module de base, toutes les recompositions spatiales pouvaient éventuellement être envisagées. De près ou de loin, la perception n’est pas la même : de près la matière s’impose, de loin c’est un écran qui met en mouvement ses différentes parties. Entre la veduta et le panorama, le tableau s’établit dans l’espace non comme un champ clos, mais comme une installation. Les questions liées au rythme, au flou, à la série, au mouvement, aux filtres, renvoient sous la forme figée des surfaces peintes à un dispositif cinématographique.

Ciel X 9, 200 X 250 cm
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